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Ours & poupées Archives de la poupée Les poupées de Modes et Travaux

Les poupées de Modes et Travaux

 

 

 

En mars 1951, la revue féminine « Modes & Travaux » lance une nouvelle rubrique
destinée aux petites filles et leur propose une poupée, Françoise, dans ces termes :
« Nous vous présentons « FRANÇOISE » que vos parents seront heureux de vous offrir pour
vos Pâques si, comme nous n’en doutons pas, vous avez été sages et avez bien travaillé en
classe durant ce deuxième trimestre ».

Françoise, poupée fabriquée par la SNF (Société Nobel française), remporte un vif
succès grâce à sa garde-robe que les fillettes, aidées de leurs mamans, peuvent
confectionner en suivant les patrons publiés chaque mois dans le magazine. En 1954,
Françoise annonce la naissance d’un petit frère Michel puis, en 1958, d’une soeur
Marie-Françoise, aux yeux dormeurs. En 1959, une seconde Marie-Françoise fait son
entrée dans le journal puis en 1960 Francette, jumelle de la première Marie-Françoise
de 1958, mais avec les yeux fixes.




En 1963, la société de Jouets Petitcollin, établie à Etain près de Verdun, rachète la
Société Nobel française et récupère les moules des poupées fabriquées pour « Modes
& Travaux ». Notons que Françoise et Francette ne sont plus proposées par la revue à
cette date-là. En 1964, Petitcollin va modifier la tête des poupées pour des raisons techniques.
Michel va recevoir un nouveau visage et des cheveux implantés. En 1965, 1967 et
1986, on va aussi doter Marie-Françoise d’un nouveau visage. En 1969, arrive un
second frère, Jean-Michel, un bambin au visage de Michel mais à jambes raides.
En 1986, c’est au tour d’Emilie de faire son entrée dans le célèbre magazine. Emilie est
une poupée entièrement en PVC aux membres et à la tête emboîtée. Elle sera suivie
de Julien, puis de Cécile. Ces deux dernières poupées seront éphémères.



Fin 1988, la famille des poupées de Modes & Travaux prendra le nom des « Poupées
Modèles ».
Le magazine « Modes & Travaux » se modernise et, tout en continuant à publier des
patrons, instaure la vente par correspondance d’accessoires (chaussures, sacs…).

A partir de 1999, la société Petitcollin, reproduit les premiers modèles des poupées de
« Modes et Travaux » : Françoise, Michel original et Francette afin de répondre à une
demande des nostalgiques de cette époque et des collectionneurs.
Qui est Françoise ? C’est une poupée de série, l’un
des modèles de JOSETTE, fabriquée par la Société
Nobel française (SNF). Josette était déclinée, en effet,
en différentes tailles. Le magazine « Modes &
Travaux » choisit le modèle 39 cm et la prénomma
« Françoise ». Comme le soulignait la rédaction au
moment de son lancement, Françoise est « une jolie
poupée en celluloïd de 39 cm, avec de jolis yeux en
porcelaine ombrés de cils naturels, spécialement conçue
pour être habillée facilement ».

Toutefois et contrairement à la description faite par le
magazine, Françoise ne sera jamais produite en
celluloïd mais elle pouvait être en Sicoïd (acétate de
cellulose produit par la SNF) et surtout en Novoïd
(polystyrène imitant le celluloïd) 1.

1 Précisions apportées par Elisabeth Chauveau (CERP ; Centre d’Etudes et de Recherche sur
la Poupée).

La poupée existait en deux versions : en Novoïd mat, avec les yeux en porcelaine (au
prix de 1436 F de l’époque) et en Novoïd brillant, avec yeux peints (au prix de 936 F).
Ses yeux, probablement jamais en porcelaine, pouvaient être en acétate de cellulose,
en polystyrène ou peints.

La poupée Françoise représente une fillette âgée de 7 à 8 ans. Jouet emblématique des
années 1950, elle disparaît pourtant de la revue en 1960, remplacée, de façon
éphémère, par Francette que la rédaction présente ainsi : « Bonjour Francette. Aimable
ambassadrice de Modes & Travaux (…) Vous voici entrée dans la grande lignée des poupées
de Modes et Travaux de laquelle Françoise va désormais se retirer…Au revoir Françoise ! ».



Michel : en août 1954, Françoise annonce aux
petites lectrices de « Modes & Travaux », qu’elle va
avoir un petit frère prénommé Michel. Il s’agit d’un
baigneur de 40 cm aux yeux dormeurs et en Novoïd
lavable. Comme Françoise, il est fabriqué par la
Société Nobel. A partir de 1961, la tête de Michel
est en PVC, marquée « Made in France » et son
corps en polyéthylène. Soulignons que le tronc est
toujours celui du Jacky (autre modèle de bébé chez
Nobel) et porte la marque SNF dans un losange.
L’année 1964 signe l’arrivée d’un tout nouveau Michel, en matière plastique et au
visage bien différent du premier. On le dota de «cheveux d’ange », c’est-à-dire de
cheveux implantés en clorène, rapidement remplacés par des cheveux plus solides.
Dans les années 1970, ses yeux à fuseaux seront remplacés par des yeux à cuvette
(ronds). Cette poupée a toujours été fabriquée par Petitcollin.
Novembre 1958 : une soeur est donnée à Françoise : Marie-Françoise, poupée en
Novoïd avec les yeux dormeurs et coiffée de nattes en cheveux naturels. Comme
Françoise et Michel, la nouvelle poupée est toujours fabriquée par Nobel mais le
modèle est très certainement conçu pour le magazine « Modes & Travaux ». Dix-neuf
mois plus tard, elle revient sous le nom de Francette. Identique en tous points à la
première Marie-Françoise, elle s’en distingue grâce à ses yeux fixes. Cependant, elle
n’eut pas le succès escompté auprès des fillettes car elle était déjà très démodée en ce
début des années 60. Francette n’est plus commercialisée à partir de 1963.





Entre-temps, en novembre 1959,
apparaît une nouvelle Marie-Françoise,
toujours produite par la Société Nobel,
avec un corps en polyéthylène et une
tête en PVC, au visage arrondi. Ses
cheveux sont courts et implantés. Elle
est entièrement montée sur élastique. En
1961, elle recevra une tête à collerette
emboîtée, et des cheveux longs. Ses yeux
dormeurs sont de couleur bleue ou
marron, en amande. Lorsque la Société
Nobel arrête ses activités et que la
maison Petitcollin rachète les moules
des poupées de Modes & Travaux, ceux-ci vont être modifiés : les têtes plates vont
devenir des têtes rondes. De plus, Marie-Françoise va changer plusieurs fois de
visage. On pourra également la trouver avec cheveux courts ou longs ; en blonde, en
brune ou rousse.

Dix ans plus tard, c’est au tour de Jean-Michel, la cinquième poupée de « Modes &
Travaux », de faire son entrée dans les pages du journal. Il a le même visage que
Michel (dernière version), les cheveux implantés, mais des jambes raides. Il remporte
immédiatement un beau succès.
Emilie vient ensuite agrandir la fratrie en 1986. Elle reste la seule exclusivité du
magazine ; on peut lire sur sa nuque l’inscription : « Modèle déposé M & T ». Emilie
est d’aspect plus moderne, plus potelée et plus grande que ses « soeurs ». Fabriquée
tout en PVC, elle peut être vendue avec une robe de présentation et dans une boîte
portant son nom. En 1990, les petites filles pourront l’acquérir en métisse ou en noire.
Emilie porte le nom de Victoire lorsqu’elle est vendue habillée par Petitcollin à partir
des années 2000.

Enfin, Julien et Cécile, sont les derniers à arriver dans la petite famille. Julien en
1987 : c’est un bébé, tête et membres en PVC, corps en tissu bourré, fabriqué par la
société espagnole Berjusa Berenguer.
Cécile, produite par la société allemande Zapf, est proposée en 1990. Elle sera plus
appréciée que son prédécesseur et figurera dans le magazine jusqu’en 1995. Par
ailleurs, elle pouvait être habillée exactement comme sa petite « maman ».

Modes et Travaux est un magazine féminin lancé en novembre 1919 par
Edouard et Renée Boucherit. Ce magazine, destiné à la classe moyenne, s’adressait à
la parfaite « fée du logis ». Le magazine remporta un franc succès dès sa création et
évolua au gré de la mode et des arts ménagers, toujours à l’affût des nouveautés. En
mars 1951, la revue amorça un tournant en s’adressant aux petites filles avec un
cahier spécialement conçu pour elles : « Le journal des petites filles de Modes &
Travaux » et en proposant une poupée à habiller : Françoise. Cette dernière a été
choisie un an plus tôt, auprès d’un célèbre fabricant de poupées : la SNF (Société
Nobel française).





Grâce à Françoise, qui suit de près la mode enfantine de
l’époque, les petites lectrices de « Modes &
Travaux » pourront s’initier ou alors se
perfectionner chaque mois à divers travaux de couture et
de tricot. Les patrons publiés par le magazine
permettent ainsi de constituer une véritable garde-
robe à Françoise avec vêtements appropriés selon les
saisons, tenues d’intérieur, de cérémonie, de plage… Fait
rare, d’autres poupées rejoindront Françoise - 8 au
total – et deviendront également les égéries du
magazine ! Rachetée en 1994 par le groupe Mondadori
France, la revue propose toujours les rubriques qui ont
fait son succès et sa longévité. Elle publie de temps
en temps encore des explications pour habiller
Françoise et toute sa fratrie… D’ailleurs, dans la boutique de « Modes & Travaux »,
on peut encore commander les poupées, toujours fabriquées par la maison
Petitcollin, ou alors des patrons, des vêtements, des chaussures et accessoires…

Bibliographie non exhaustive :


. Les Poupées de Modes & Travaux - Mode enfantine française depuis 1951 - Guido et
Samy Odin (livre épuisé)

Livre en vente à LA LIBRAIRIE DU JOUET (voir liens)

Petitcollin – Histoire d’une fabrique de poupées et de jouets depuis 1860 - Elisabeth
Chauveau et Yvan Lacroix, Editions du Dauphin, 2006

Livre en vente à La librairie du jouet
. Poupées et bébés en celluloïd (1881-1979) - Elisabeth Chauveau
. Nous habillons Françoise, Michel et les autres…- Kathy Moreau, CERP (Centre
d’Etudes et de Recherche sur la Poupée, Paris).
. Pour le collectionneur averti – tout savoir de A à Z sur la très belle collection des
poupées de Modes & Travaux, 1951/1996 - Mireille Lieutaud – Centre l’Edition
Antibes.


Mis à jour (Vendredi, 22 Juillet 2011 08:11)